Le projet ISATIC est un projet global de fondation d’un Institut Supérieur Africain des Technologies de l’Information et de la Connaissance destiné à combler les lacunes actuelles en matière de formation d’ingénieurs informaticiens de haut niveau et de développement de l’innovation dans les pays d’Afrique francophone

Formation et Employabilité en Afrique : Le paradigme des logiciels libres et OpenSource : 3 idées à débattre

Idée n°1 : Les Pays en voie de développement comptent 70% de la population mondiale, soit 5 milliards d’habitants. 45% de cette population a moins de 15 ans et 44% de celle-ci se trouve en Afrique.

C’est un vivier de talents et de projets. La base est donc solide. Les jeunes générations doivent, le plus tôt possible, être sensibilisés aux nouvelles technologies et à l’Internet.

Qui plus est, dans une optique d’ouverture et d’existence du choix, les technologies libres et Open Source, répondant à tout le moins aux quatre libertés fondamentales qui les caractérisent :

  • liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages ;
  • liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins ;
  • liberté de redistribuer des copies du programme donc de vendre des copies comme de les donner;
  • liberté d’améliorer le programme et de distribuer ces améliorations au public, pour en faire profiter toute la communauté)

représentent à plusieurs égards, une opportunité importante pour la scolarisation massive et l’accès aux ressources illimitées.

Idée n°2 : Plus les économies sont fortes, plus le taux d’utilisation de l’informatique est élevé, plus le taux d’adoption de l’Open Source est fort. Si les pouvoirs publics sont volontaristes, la recherche concurrentielle devient plus aboutie, et l’adoption technologique entre dans les mœurs, des cursus scolaires prenant en compte les technologies Open Source.

L’enjeu est volontariste donc politique. De la même façon que certains états africains ont fait le choix de mettre en place des centres nationaux stratégiques visant à la création de valeur ajoutée locale, une uniformisation en ce sens parait pertinente. Imaginons une mutualisation ouest africaine de centres de compétences, les écosystèmes étant relativement similaires ou avec de bonnes bases communes (i.e., UEMOA) travaillant de concert au développement de centres d’expertise ce qui entraine des économies d’échelle, un esprit de mutualisation, donc une dynamique de force et de développement.

Idée n°3 : Dans le monde de l’éducation, la prise de conscience du caractère incontournable des TIC et de leur utilisation par l’ensemble des couches de la société est indéniable. Elle est largement accrue par le développement des réseaux haut-débit, la généralisation de la téléphonie mobile et la diffusion auprès d’un large public des ordinateurs personnels.

Les Portails Web s’inscrivent au cœur du dispositif TICE de l’Éducation Nationale dans un contexte complexe aux dimensions techniques, éducatives et sociales.

D’autre part, la  reconfiguration des programmes universitaires sur le modèle LMD  —  enjeu de reconnaissance des diplômes et de mobilité  internationale  des  étudiants — impliquent une modernisation des systèmes d’information de ces entités, avec des visées pertinentes et performantes.

Les bénéfices attendus par la mise en œuvre de portails mutualisants sont nombreux et comprennent les axes suivants :

  • pilotage académique aisé;
  • régulation administrative et pédagogique de l’établissement;
  • amélioration de la gestion des données individuelles et suivi académique;
  • gestion des parcours estudiantins;
  • adoption par la communauté éducative des outils numériques;
  • diffusion des usages, avec pour objectif in fine la réussite des étudiants;
  • renforcement des liens entre l’université et l’étudiant;
  • création et diffusion de ressources pédagogiques efficaces,…

Sur ces trois idées, nous touchons au social, au politique et à l’économique au travers des nouvelles technologies. Ce discours pourrait être commun à l’ensemble des acteurs du secteur et pourtant la grande valeur de l’approche Open Source résidera dans la recherche de mutualisation et d’optimisation permanente.

A plus longue échéance, une industrie complète sera générée : songeons seulement au fait que, parmi les contributeurs principaux du noyau Linux, Sony, Nokia, Samsung ou même Volkswagen, sont très présents. Linux fonctionne pour eux sur une logique de coopérative agricole, une logique de mutualisation des moyens donc de division des coûts. Plus encore, la R&D sur cette technologie permet d’envisager, à terme, de s’absoudre de coûts faramineux de licences logicielles…donc d’optimiser leurs propres marges. Le cercle est redevenu vertueux.

Extrapolons ensuite vers les enjeux sociétaux hebdomadaires et prenons l’exemple de la médecine ou la pharmacie où, sans remettre en cause le système de brevet des laboratoires, on puisse se projeter sur les formules biologiques des produits génériques, les schémas de fabrication des pace makers ou tout autre chose. Songeons donc que ces formules de fabrication étaient disponibles. Que tout un chacun avait la possibilité d’accéder aux données. On ne tue pas l’économie. On la stimule par la compétition.

Yves Miezan Ezo