le 22 novembre 2010, dans A la Une, par Marie – Article issu de http://lewebpedagogique.com/blog/2010/11/22/dossier-de-la-semaine-revolution-numerique-en-afrique/

Sankoré ???

Sankoré est le nom d’une des premières universités au monde, fondée au XVe siècle à Tombouctou, au Mali. C’est aussi le joli nom d’un programme éducatif ambitieux qui nous rappelle par cette référence historique que rien ne condamne l’Afrique à être le parent pauvre des nouvelles formes de l’éducation. C’est notre dossier de la semaine : l’éducation numérique pour tous en Afrique !

Les enjeux

Est-il seulement besoin de rappeler les enjeux éducatifs de l’Afrique ? Tout est dit ou presque par les objectifs du Millénaire pour le développement (voir l’excellent article de Marlène sur son blog). Réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015 fut l’engagement de 198 pays en l’an 2000, nous sommes au deux tiers du parcours et les résultats sont mitigés. Assurer l’éducation primaire pour tous est le deuxième des engagements pris, rappelant combien l’éducation des enfants est au cœur de la lutte contre la pauvreté. Reste à passer de l’analyse à l’action, c’est le défi auquel Sankoré s’est attaché.

Le numérique est une opportunité

Est-il seulement besoin de vous convaincre, chers lecteurs du WebPédagogique, que le numérique est une formidable opportunité éducative ? Depuis bientôt six ans nous développons essentiellement en France une communauté éducative désormais forte de plus de 100 000 membres et avons, je crois, fait la démonstration par l’exemple qu’il était possible d’inventer d’autres modes de partage de la connaissance avec le numérique. La même vision anime l’équipe qui, depuis quelques mois, œuvre en coulisse au développement de Sankoré.

Les idées directrices sont simples mais justes

  • Techniquement, il est possible d’équiper une classe d’une solution de tableau numérique pour un coût maîtrisé, environ 1 000 euros. Même sans accès Internet, et en résolvant les questions d’accès électrique, il est possible d’équiper une classe africaine du meilleur de la technologie.
  • Pédagogiquement, le TNI fonctionne, en France comme en Afrique, pour l’éducation formelle comme informelle (voir l’expérience capitalisée par le REPTA sur ce sujet), au niveau de l’enseignement primaire et de la formation professionnelle.
  • Éditorialement, reste à produire des contenus spécialement conçus pour ces TNI. Dans ce domaine, c’est l’industrie du logiciel libre qui a montré la voix par des contenus gratuits diffusés sous un régime juridique de Creative commons… Reste à l’appliquer au monde des contenus éducatifs en plaçant l’enseignant dans un mode de production coopératif.

Sankoré dont le lancement officiel aura lieu cette semaine au salon de l’Education est la mise en pratique de cette vision. Pour être complet, précisons que le projet est piloté par la DIENA, Délégation Interministérielle pour l’Education Numérique en Afrique, placée sous la responsabilité d’Albert Claude Benhamou et la présidence d’Alain Madelin. Cette structure bénéficie d’un engagement budgétaire de l’Etat Français sur 5 ans lui permettant d’atteindre ses objectifs. La DIENA signe également des conventions avec les différents États Africains et des partenaires privés ou publics.

Enseignants demandés !

Sankoré cherche des enseignants producteurs mais aussi des retours d’expériences sur l’usage des TBI et lancera prochainement un appel à projets (rémunéré) ! D’une manière générale, Sankoré est ouvert à toutes les idées qui lui permettront d’apporter l’éducation numérique en Afrique !